Georges Livanos 1/2

Georges Livanos 1/2
Georges Livanos, dit le Grec (il avait un grand-père grec), a été l'un des alpinistes amateurs les plus actifs de sa génération : Il a ouvert pas moins de 500 voies dans les Calanques de Marseille, 40 dans les Dolomites et une vingtaine dans les Alpes. Pour cela il a planté pas moins de 25'000 pitons!

Pionnier (inventeur diront certains) du 6ème degré, le Grec sera l'auteur de la première du grand dièdre de la Su Alto à la Civetta (Dolomites), "Ma chapelle sixtine" dira-t-il plus tard!
A cette époque il a 27 ans. Il passe "en libre" et sans hésitation le passage clé, avec une corde en chanvre, sans baudrier, encordé à la taille, assurance à l'épaule et en vibram.

Livanos sera par la suite connu tout autant pour son humour et son livre "Au delà de la Verticale" que pour ses escalades, en effet si il y a bien UN livre de montagne à lire absolument c'est au-delà de la Verticale!
J'ai lu presque tous les grands classiques des livres de montagne, mais il faut avouer que les récits de Bonatti, et autres Messner sont superbes à lire mais l'orgueil de leurs auteurs finit par ressortir assez clairement (Bonatti, à chaque fois qu'il sort en montagne il se prend une énorme tempête et ce n'est que, selon ses propres mots, grâce à ses exceptionnelles qualités physiques et techniques qu'il s'en sort. Quant à Messner il revendique tout simplement l'invention du style alpin, rien que ça, et critique toute personne ayant osé planter un spit ici ou là ou fait une quelconque entorse à SA vision de l'éthique alpine..).
Par contre lisez "Au delà de la Verticale", et vous allez vous marrer du début à la fin!

" Mieux vaut un piton de plus qu'un homme de moins .....

surtout si cet homme c'est moi "

Georges Livanos
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# Posté le lundi 06 juillet 2009 03:18
Modifié le lundi 06 juillet 2009 03:55

Georges Livanos 2/2

Georges Livanos  2/2
Si Livanos est connu pour ses escalades et son humour, il l'est aussi pour ses escalades encordé avec sa femme Sonia.

Ils se rencontrent à l'âge de 25 ans dans une réunion du CAF de Marseille.
"Georges m'a proposé de grimper avec lui le samedi après-midi. Parce que le dimanche, c'était sacré ; Il faisait des choses plus difficiles. Peu à peu, comme il trouvait que je ne grimpais pas trop mal, j'ai grimpé avec lui le dimanche."

En 1950, aux Tre Cime di Lavaredo (Dolomites), en compagnie de Robert Gabriel, leur compagnon le plus fidèle, ils "font connaissance avec l'ambiance sestogrado" dans la voie Cassin de la Picolissima.
"Sonia nous scandalise, elle trouve l'escalade facile!" écrit Georges.

"Le sestogrado conjugal, le nôtre tout au moins, est incompatible avec un très grand confort, fonction des aptitudes au portage du second de cordée, et Sonia ne se sent aucune disposition pour le métier de sherpa.
Camarades aux vastes carrures qui supportez allégrement (dans vos récits) les plus formidables surplombs avec dix kilos sur le dos, n'oubliez pas que ces dix kilos, le huitième de votre poids, sont presque le quart de celui de ma moitié"


Le plus souvent c'est Georges qui grimpait en tête, sinon il avait peur.
Au quotidien en revanche, c'est Sonia qui mène la cordée. "Dans la vie, ce qui comptait pour Georges c'était la montagne et l'alpinisme. Le reste, il s'en foutait. Donc j'ai pris des décisions dans la vie de tous les jours que lui ne prenait pas. Il ne disait rien, il était bien content que je m'en occupe l'animal!"

Certains de mes amis m'ont envié une compagne toujours prête à me suivre dans mes plus surplombantes aventures. Les malheureux, s'ils savaient! S'ils savaient ce que cela représente que de grimper des journées entières avec un mètre cinquante de faible femme ignorant la difficulté, la fatigue, la peur, le froid, la faim, la soif, alors que LUI est fort sensible à ces désagréments! s'ils savaient ce que cela représente, après un passage de VI, de LA voir arriver, souriante, calme, détaillant les tons d'une fleurette du surplomb, alors que lui, à ce même surplomb...."

Les Livanos ont cessé de grimper quasiment en même temps. Georges a préféré s'arrêter quand il a senti qu'il était physiquement plus faible, qu'il ne pouvait plus faire de VI. Il avait 57 ans.
Dans la réédition de son livre il déclare : "J'ai écrit autrefois que je ne redoutais pas la fin de ma vie de grimpeur, sans doute était-ce pour me rassurer, pour conjurer des inquiétudes pressenties.
Aujourd'hui, après l'avoir vécue, il ne m'est pas dur de regarder les sommets d'en-bas, sans regrets, en leur disant : merci."


Georges Livanos est décédé en mai 2004 d'une crise cardiaque.

PS: je me répète, mais lisez absolument "Au delà de la verticale" (éditions Guérin), à mon avis c'est LE livre de montagne!

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# Posté le lundi 06 juillet 2009 03:17
Modifié le lundi 06 juillet 2009 04:46

Portrait d'alpiniste : Ulrich Inderbinen

Portrait d'alpiniste : Ulrich Inderbinen
Désolé, je peux pas mettre de photos en ligne ces temps avec ma cheville cassée, alors je vais essayer de faire quelques portraits d'alpinistes connus, mais pas trop! Les Bonatti, Messner, Heckmair etc. sont évidement légendaires mais il y a tellement d'autres alpinistes extraordinaires qui sont pourtant moins connus!

Ulrich Inderbinen, surnommé parfois "le roi de la montagne" était un guide de Zermatt, le 10 juillet 1990 il atteignait la cime du Cervin pour la ..... 370ème fois (!) à l'âge plus que respectable de 90 ans.

Né en 1900 dans une famille de paysans de montagne, il gravit le Cervin pour la première fois à l'âge de 21 ans avec ses soeurs, et obtient le diplôme de guide 4 ans plus tard en 1925.

Son premier contact avec le 'système de santé' : un rendez-vous chez le dentiste, à l'âge de 74 ans.

À 80 ans, ayant reçu une paire de skis de sa famille, il a commencé à prendre part à des courses de ski et comme dans cette classe d'âge, il avait peu de concurrents, il les gagnait toutes. À l'age de 95 ans, il a participé une dernière fois à la course de ski des guides de Zermatt.

Il a travaillé comme guide jusqu'à l'âge de 96 ans : une chute sans gravité l'a alors contraint à s'arrêter.

Ulrich Inderbinen s'est éteint dans son sommeil à l'âge de 104 ans, il était alors le plus vieil homme du canton du Valais!

Outre sa passion pour le Cervin "ce fabuleux tas de cailloux" comme l'appelait Rébuffat, Inderbinen à gravi 84 fois le Mont Blanc et 81 fois la Pointe Dufour.

"J'avance dans la vie comme sur les pentes: d'un pas lent et régulier, soutenu et énergique"
Ulrich Inderbinen
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# Posté le mercredi 01 juillet 2009 12:59
Modifié le mercredi 01 juillet 2009 13:09

Lever du soleil au col de la Forclaz

Lever du soleil au col de la Forclaz
On profite d'être au col de la Forclaz pour le lever du soleil, petit moment romantique avant d'aller se péter la cheville plus haut ;-)

Détails : NIKON CORPORATION NIKON D50, F 6.3, 10/10000 s.
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# Posté le lundi 22 juin 2009 07:52

Lever du soleil au col de la Forclaz

Lever du soleil au col de la Forclaz
quelques instants plus tard le soleil apparaît

Détails : NIKON CORPORATION NIKON D50, F 6, 10/12500 s.
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# Posté le lundi 22 juin 2009 07:51